S'il est une Maison qui peut se vanter d'avoir traversé les siècles, les empires et les révolutions, c'est bien Lubin. Fondée en 1798, elle est souvent considérée comme la plus ancienne maison de parfums française encore en activité. De l'atelier secret du parfumeur de Marie-Antoinette aux compositions chics destinées à l'impératrice Joséphine et à Grace Kelly, l'histoire de Pierre François Lubin est celle d'une élégance qui défie le temps. Plongez dans ce récit fascinant et découvrez comment un jeune apprenti est devenu l'artisan qui a redéfini la haute parfumerie, un flacon à la fois.
S'il est une Maison qui peut se vanter d'avoir traversé les siècles et les empires, c'est bien Lubin. Fondée en 1798, elle est souvent considérée comme la plus ancienne maison de parfums française encore en activité. De la cour de Napoléon aux stars des années folles, Lubin a toujours été l'emblème d'une parfumerie d'exception, audacieuse et résolument luxueuse.
Préparez-vous à un voyage historique et olfactif unique, à la rencontre de l'artisan qui parfuma les reines et les impératrices.
Pierre François Lubin, né en 1774, est considéré par beaucoup comme le fondateur de la parfumerie moderne. Il a traversé l'une des périodes les plus mouvementées de l'histoire de France, à la charnière entre l'Ancien Régime et la Révolution industrielle.
L'apprentissage Royal et les Secrets de Marie-Antoinette
Dès l'âge de 10 ans, en 1784, le jeune Lubin est initié à l'art de la parfumerie par Jean Louis Fargeon, fournisseur attitré de la Reine Marie-Antoinette.
Une anecdote historique : Contrainte de résider aux Tuileries dès l'automne 1789, la Reine recevait ses colis de parfums par l'entremise du jeune apprenti Lubin. Chaque jour, elle se rafraîchissait grâce aux préparations raffinées à base d'essences de bergamote et d'orange. Le parfum des roses, qui lui évoquait les jardins de Trianon, avait aussi sa faveur.
De cet apprentissage, Lubin devint petit à petit le dépositaire des recettes de beauté de la Cour Royale de France.
En 1792, fuyant l'agitation révolutionnaire, Pierre François Lubin quitte Paris pour Grasse, où il se forme auprès d'un autre maître des odeurs, Tombarelli. Il y apprend la précieuse "méthode italienne", importée de Florence deux siècles plus tôt grâce à Catherine de Médicis.
"Au Bouquet de Roses" et l'Ere des Merveilleuses
Après la Révolution, Lubin ouvre à Paris sa première boutique près du Palais Royal. Il la baptise "Au Bouquet de Roses", un hommage discret à la Reine Marie-Antoinette tragiquement disparue.
Ses créations furent immédiatement appréciées par les premiers dandys de l'époque, les fameuses "Merveilleuses" qui, par leur excentricité vestimentaire, devenaient le symbole d'un nouvel art de vivre dominé par l'apparat et la fantaisie. C'est à cette époque que Guy de Maupassant qualifiera ironiquement l'un des séducteurs de son temps d'être "l'apôtre des femmes, l'apôtre frotté de Lubin".
1ère Boutique Lubin "Au Bouquet de Roses"
Le talent de Lubin lui ouvrir rapidement les portes des plus hautes sphères du pouvoir européen.
L'Héritage des Bourbons
Lorsque les Bourbons reviennent sur le trône en 1815, Lubin revendique fièrement sa qualité de "détenteur des secrets de beauté de l'ancienne Cour de France". Cet héritage lui vient de Fargeon.
Marie-Thérèse de France, Duchesse d'Angoulême et seule enfant de Marie-Antoinette ayant survécu à la Révolution, incarne la nouvelle Reine de France aux yeux de tous. Le brevet qu'elle accorde à Lubin lui permet de rebaptiser sa boutique "Aux Armes de France".
Grâce à cet illustre patronage, Pierre François Lubin devient rapidement :
En 1844, Lubin se retire et confie les rênes à son héritier spirituel, Félix Prot, qui avait travaillé 20 ans à ses côtés.
Félix Prot développe un réseau de diffusion international. En 1873, il construit la première usine moderne de parfumerie à Cannes, sur la Côte d'azur, où des machines à vapeur sont utilisées pour l'extraction d'essences pour la première fois.
De la Conquête de l'Ouest à l'Usine du Siècle
Son fils, Paul Prot, lui succède en 1885. Visionnaire et polyglotte, il bâtit un réseau international qui confère à Lubin une renommée mondiale.
Cet Age d'Or américain durera jusqu'à la Grande Dépression de 1929. Malgré la crise, le parfum intemporel Nuit de Longchamp (1937), évocation d'un jardin fleuri de fleurs blanches, enchanta l'Upper East Side et Hollywood, rencontrant un vif succès auprès des Américaines.
Flacon Nuit de Longchamp LUBIN (1937) Après la Seconde Guerre mondiale, sous l'impulsion de la nouvelle génération Prot (André et Paul), Lubin continue de marquer de son empreinte la parfumerie.
En 1955, le grand parfumeur Henri Giboulet crée Gin fizz, un immense succès en hommage à la plus belle et élégante femme de son siècle, Grace Kelly.

Après une période de déclin dans les années 1960, la Maison est rachetée, mais son intégralité se fragilise. C'est à la fin du XXe siècle que Gilles Thévenin, avec le soutien des descendants de Paul Prot, décide de prendre en main l'avenir de Lubin.
Grâce à l'aide d'anciens parfumeurs des années 50 et 60, Lubin retrouve son style olfactif unique. Nuit de Longchamp (2008) et Gin Fizz (2009) sont relancés, permettant à la Maison de retrouver, à plus modeste échelle, la renommée de ses jours fastes.
Aujourd'hui, la Maison Lubin maintient fièrement la tradition de la grande parfumerie française, fabriquée en France. Digne des idéaux de son fondateur, elle continue de créer des parfums inventifs et de qualité, perpétuant une histoire qui enchante depuis plus de deux siècles.
La maison Lubin n'est pas un musée, c'est une tradition vivante. Si vous souhaitez faire vôtre un fragment de cette histoire impériale et hollywoodienne, nous vous invitons à explorer les créations intemporelles de la marque.
Découvrez la Collection Lubin et ses Parfums Mythiques sur Bulle à Parfums

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